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Dans la Commune d'Evolène

Patrimoine bâti

Le patrimoine bâti d'Evolène a été principalement façonné par le passé rural que le lieu a connu.

Par Gilbert Maître, Evolèn’Art

Le patrimoine bâti d'Evolène a été principalement façonné par le passé rural que le lieu a connu. La structure des bâtiments, leur emplacement, sont étroitement liés au rôle qu'ils jouaient dans la vie paysanne. Les matériaux utilisés : la pierre et le bois, confèrent aux bâtiments un aspect naturel qui les intègre parfaitement dans le paysage. De plus, ils contribuent à donner au patrimoine bâti une unité. Cette unité est également garantie par les techniques de construction utilisées : simples et efficaces car limitées par la force physique des bâtisseurs.

La pierre est utilisée pour les fondements et toutes les parties enterrées. Posée sur les toits, elle protège les bâtiments de la pluie. La pierre est également présente où le feu est utilisé comme moyen de cuisson et de chauffage. Le bois, principalement de mélèze, sert à construire des espaces fermés qui restent en contact avec les éléments naturels : les façades exposées au soleil en emmagasinent la chaleur; dans les cas où les parois sont peu jointoyées, comme dans les granges et raccards, l'air circule librement.

Dans un milieu montagneux, comme celui d'Evolène, les conditions climatiques varient fortement avec l'altitude. Plus l'on monte, plus est courte la période où l'herbe pousse. La gestion du territoire tient compte de cet aspect. Les troupeaux de bétail et leurs propriétaires se déplacent selon les saisons pour pâturer l'herbe au moment propice. Le patrimoine bâti varie donc également selon l'altitude.  L'habitat principal et la plupart des bâtiments agricoles se trouvent dans la partie la plus basse en altitude. Les maisons sont regroupées en villages serrés afin de laisser le plus de place possible aux terres agricoles. A cette altitude, on trouve quatre types de bâtiments : le raccard, le grenier, la grange-écurie et la maison.

La construction et l'utilité du raccard remonte au temps où l'on cultivait encore le seigle. On y entreposait le seigle après la récolte en attendant d'avoir le temps à la mauvaise saison de le battre pour séparer les graines de la paille. Le raccard se reconnaît à des pièces de bois verticales surmontées par une pierre qui séparent verticalement le bâtiment en deux. Cette construction particulière a deux fonctions : elle produit un vide d'air protégeant la partie supérieure de l'humidité du terrain et, d'autre part, elle crée un surplomb qui barre le passage aux rongeurs. Le raccard se distingue du grenier par un balcon situé sur le devant bordé par une claie de séchage et par une porte latérale unique située vis à vis de l'air de battage.

 Le grenier servait à l'entreposage du grain après le battage des céréales mais également au stockage des vêtements et objets qui ne trouvaient pas de place dans la maison. Il utilise la même technique de protection que le raccard, mais se distingue de ce dernier par le fait qu'il est généralement de taille plus petite et comporte plusieurs portes latérales correspondant à autant de chambrettes séparées. Le, ou les balcons s'il y a plusieurs étages, se trouvent sur le côté et donnent accès aux portes.

La grange-écurie est liée à l'élevage de bétail. Elle a été utilisée encore dans un passé récent (milieu du 20ème siècle). C'est dans l'étage inférieur, généralement en pierre, que les animaux passaient l'hiver. L'étage supérieur, en bois, servait au stockage du fourrage. Si certaines granges-écuries se trouvent dans les villages, la plupart sont réparties dans le territoire. Avant l'arrivée de moyens de transports mécanisés, il était en effet impossible de transporter sur de longues distances le foin, c'est à dire l'herbe séchée servant au fourrage du bétail. On le stockait donc au milieu d'une zone de récolte et on déplaçait les troupeaux durant l'hiver d'une grange-écurie à l'autre, une fois mangé le fourrage stocké en ce lieu.

La maison est un bâtiment généralement très élevé pouvant avoir jusqu'à 5 ou 6 étages. L'étage du fond comprend les caves. C'est là qu'on entreposait les réserves de fromage et de pommes de terre. L'étage sous le toit, appelé galetas ou grenier, servait notamment au séchage et à l'entreposage de la viande. Les étages intermédiaires étaient autant d'appartements différents. La maison est divisée de haut en bas en deux parties: une partie pierre située généralement en amont ou au Nord et une partie bois située en aval ou au Sud. La proportion en taille entre partie pierre et partie bois est d'environ 1/3 - 2/3. Cette séparation en deux parties visible de l'extérieur correspond à une séparation intérieure des appartements en deux pièces : la partie pierre où on faisait le feu et on cuisinait, la partie bois où on partageait les repas autour de la table et où on dormait.

Le mayen est l'endroit où les troupeaux et leurs propriétaires séjournent encore aujourd'hui au printemps, fin mai à fin juin, et en automne, fin septembre à fin octobre. Le bâtiment de mayen rassemble sous le même toit : étable, grange, cave et maison.

L'alpage constitue le point le plus haut de la transhumance. On y trouve des étables pour le bétail. Dans d'autres régions du Valais et dans les alpages modernes d'Evolène, il existe une seule grande étable communautaire. Par contre, dans les alpages traditionnels d'Evolène, il existe plusieurs étables, une par famille.  Deux autres bâtiments sont communautaires. Le premier, appelé « tsijyóouru », était utilisé pour la fabrication du fromage. Construit en pierre, il servait également de cuisine et de pièce de séjour pour les bergers. Dans le deuxième, la partie inférieure, en pierre, servait de cave à fromage, la partie supérieure, en bois, servait de dortoir pour les bergers.